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Le 10 janvier : Pierre DARTOUT, Préfet du Val-de-Marne présentait ses voeux aux personnalités du département.

Pierre DARTOUT

Pour lire son discours ...

Discours du Préfet:

Je voudrais préalablement à mon intervention faire deux remarques.

La première tient à notre situation budgétaire et à ses conséquences. Au moment où les budgets des services de l’Etat sont fortement contraints, il était légitime de se demander si l’on pouvait maintenir la réception traditionnelle pour les vœux. Nous avons décidé de la maintenir parce que c’est le seul grand événement en terme de relations publiques que la préfecture organise dans l’année et qu’il s’agit d’un moment de convivialité dont nous avons peut-être encore plus besoin en ces temps difficiles.

La seconde tient aux spécificités de l’année 2012 : c’est une année de grandes échéances politiques ; et la perspective de ces échéances a  des conséquences importantes sur la communication publique, en ce qu’elles nécessitent des règles strictes sur la façon de communiquer et sur le contenu de nos interventions qu’il nous appartient naturellement de respecter.

Lors de la cérémonie des vœux il y a 1 an, je venais d’arriver dans le département et je vous livrais des premières impressions, des premiers constats sur un territoire, le département du Val-de-Marne. Je découvrais en fait ses villes et ses paysages même si je connaissais les potentialités liées à sa position géographique, au sein de la métropole-monde qu’est Paris, et liées aussi à ces grands pôles de développement, comme Orly et Rungis.

En une année, cette connaissance s’est naturellement approfondie, et la vision s’est affinée. C’est pourquoi je tiens à remercier l’ensemble des responsables : élus, chefs d’entreprises, responsables institutionnels religieux ou associatifs, qui m’ont accueilli et qui m’ont fait partager, au cours de nombreuses visites, les enjeux et les contraintes auxquels ils étaient confrontés, mais aussi leurs espérances et leurs ambitions.

Pour résumer l’ensemble des expériences acquises en douze mois, je voudrais confirmer, en ces temps où l’on peut être gagné par le pessimisme, mon sentiment profond d’optimisme sur les capacités de ce département du Val de Marne : capacités à être attractif et créateur d’emplois et de richesses, capacités aussi à offrir un cadre de vie que recherchent nombre de nos concitoyens.

Sur le plan économique j’ai pu observer le grand dynamisme dont fait preuve l’aéroport d’Orly et les nombreuses entreprises installées à proximité dont l’activité est liée à l’industrie aéronautique, une industrie porteuse d’avenir.

J’ai aussi été très impressionné par l’importance du marché de Rungis, premier marché de gros pour les produits frais au monde : Rungis est un atout considérable pour notre département. C’est aussi l’ensemble d’entreprises actives et dynamiques, de salariés efficaces et courageux, travaillant à des heures difficiles.

J’ai naturellement vu d’autres facteurs de dynamisme, d’autres entreprises ou secteurs performants. Je voudrais seulement quelques instants insister sur le secteur de la santé. Ce département est l’un des plus performants et l’un des plus riches en matière d’institutions ou d’établissements liés à la santé : l’IGR, l’institut Charles Foix, le CH du Kremlin-Bicêtre, le CH Henri MONDOR sans oublier l’ENVA, et des entreprises, je citerai notamment SANOFI. Au total un très grand professionnalisme, c’est-à-dire beaucoup de compétences, et de dévouement. Le département est en pointe en matière de recherche dans le domaine de la santé, et il doit consolider sa position. Ainsi, les synergies qui existent aujourd’hui doivent encore se renforcer et se développer. La santé est l’un des principaux atouts de ce département.

Mais, la recherche en matière de santé, les compétences qui sont exercées dans nos hôpitaux sont aussi liées à la force de notre université. J’ai coutume de le dire, et je le répète ce soir : la recherche, l’innovation, ce que j’appelle l’intelligence, c’est le principal facteur de la croissance économique. Cette université ambitieuse est aussi un grand atout pour le Val de Marne.

Mais l’attractivité d’une métropole n’est pas seulement liée à ses capacités économiques. Elle suppose aussi que tous ceux qui y travaillent et y habitent bénéficient d’un cadre de vie de qualité, en termes d’habitat, de transports, d’équipements collectifs et de paysages urbains.

Je voudrais quelques instants m’arrêter sur cette notion de paysage urbain. Nos villes sont façonnées par la géographie et par l’histoire et offrent des visages différents. Mais toutes peuvent au mieux mettre en valeur leurs paysages pour être plus attractives. J’avoue au cours de cette année 2011 avoir découvert aussi la Marne que malgré des séjours longs et fréquents à Paris je ne connaissais pas réellement. La Marne est un très beau fleuve qui embellit toutes les villes qu’elle traverse. Beaucoup d’écrivains, de poètes ont parlé de la Marne ; ainsi, Raymond Radiguet, autour d’un roman qui à l’époque fit scandale « le diable au corps ». Radiguet aimait tant ce fleuve qu’il écrivit ces mots : « je me promenais seul au bord de la Marne qui était tellement notre rivière que mes sœurs disaient en parlant de la Seine, une marne ».

La Seine justement, l’autre fleuve du département, le seul vrai fleuve d’ailleurs, n’a pas connu la même histoire. Plus marquée par l’industrialisation, elle n’offre pas les mêmes aspects. Pourtant quelles potentialités importantes elle présente ! Nous avons pu les découvrir avec mes collaborateurs lors d’une remontée en bateau, avec la police fluviale, d’Austerlitz à Ablon. C’est pourquoi je considère que l’opération d’urbanisme et d’aménagement, que représente l’OIN Orly-Rungis-Seine-Amont, est une belle opportunité pour le département en ce qu’elle peut proposer un développement de l’activité mais aussi de l’habitat au long de la Seine, et faire de ce fleuve un facteur important d’attractivité de notre territoire.

Mesdames, Messieurs, l’an dernier j’avais rappelé les principaux objectifs des services de l’Etat dans le département : la sécurité, les politiques de l’habitat et de la ville, le Grand Paris. Ces objectifs demeurent, parce qu’ils sont essentiels. Pour autant, (eu égard à ce que je vous ai dit en préalable à cette intervention), je ne m’attarderai pas sur le bilan des actions menées, ni sur les perspectives pour 2012.

Je voudrais toutefois insister sur ce que vous tous et vous toutes, dans votre diversité : élus, chefs d’entreprises, responsables associatifs ou simples usagers, ce que nous sommes tous, vous devez attendre de vos relations avec l’administration.

Cette préfecture est encore jeune. Nous avons fêté récemment les quarante ans de son inauguration. Mais en quarante ans, notre administration a fait face à des évolutions profondes dont je citerai quelques exemples : la décentralisation, l’intégration européenne, des procédures plus longues, une exigence, légitimement, toujours plus forte de nos concitoyens.

Mais, au-delà de ces changements, notre administration a conservé les vertus qui font sa force, et elle doit  toujours s’efforcer de les  mettre en valeur.

J’évoquerai d’abord son objectivité et son impartialité. C’est sa règle de conduite dans ses rapports très étroits avec les collectivités territoriales et donc avec les élus. Mais ce doit être aussi sa règle dans ses relations avec ce qui fait la diversité de notre société : par exemple, dans les relations que notre Etat, par nature laïque, doit entretenir avec les différentes religions qui, je l’observe avec satisfaction, vivent ici en paix les unes avec les autres.

C’est aussi son dévouement et sa disponibilité. C’est une vertu essentielle, car nous sommes au service du public. Je dois vous dire qu’il est réconfortant de savoir, par exemple, que pendant la nuit du 31 décembre, beaucoup de fonctionnaires ou de militaires sont à leurs postes au service des autres : policiers, sapeurs-pompiers, médecins et agents hospitaliers, légionnaires, etc… Aux côtés de ces serviteurs de l’Etat, je n’oublie pas d’autres qui se mobilisent aussi : les bénévoles, comme ceux de cette grande institution qu’est la Croix Rouge, mais aussi les fonctionnaires des collectivités territoriales.

C’est ensuite sa réactivité et son adaptation. Les temps changent, le cadre dans lequel nous agissons évolue. L’administration doit s’adapter et être réactive pour toujours mieux servir et accueillir. Ainsi, dans cette préfecture les besoins de l’accueil du public ne sont plus les mêmes qu’en 1971 : nous allons au cours de l’année 2012 nous adapter et reconfigurer l’accueil du public ici à la préfecture. Cette réactivité et cette adaptation passent aussi par la maîtrise des procédures complexes et qui évoluent très vite, par exemple dans le domaine environnemental. Les fonctionnaires à la préfecture ou dans les services déconcentrés savent faire face à ces évolutions.

Enfin, j’évoquerai la compétence et la capacité d’expertise. L’Administration est à votre service pour participer ou aider à la solution de problèmes complexes, ainsi pour évaluer des risques, appliquer intelligemment une réglementation, apprécier les besoins de la population et des territoires en vue de définir des actions. Il y a dans l’ensemble de nos administrations ces compétences, ces savoir-faire qu’il faut cultiver, même si, soyons modestes, nous sommes loin d’être les seuls à maitriser des compétences et des capacités d’expertises.

Ces quatre vertus principales doivent nous guider de façon permanente.

J’ajouterai que notre devoir est aussi de bien communiquer, d’expliquer. Ce n’est pas toujours une tâche facile, mais nous avons l’ambition d’être toujours plus performants dans ce domaine et de répondre aux sollicitations de nos partenaires des médias.

A titre d’exemple, j’observe qu’au cours de l’année 2011, le sujet sur lequel nous avons été le plus interrogés est la question de la montagne de déchets à Limeil-Brévannes. C’est aussi un bon exemple de ce que l’administration peut faire car elle a fait preuve, à cette occasion, à la fois de réactivité, de disponibilité et d’expertise. De réactivité, parce qu’il a fallu souvent s’adapter à des situations qui n’étaient pas prévues. De disponibilité, parce que les fonctionnaires ainsi que les agents de l’ADEMEagence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie se sont fortement mobilisés pour traiter cet enjeu. Enfin de l’expertise, parce qu’il a fallu étudier de très près, sur un plan technique, les bonnes solutions à apporter, et je peux dire maintenant avec satisfaction que dans quelques mois nous serons débarrassés de ce tas de déchets.

Maintenant Mesdames, Messieurs, j’en viens au terme de mon intervention. Je n’oublie pas l’essentiel et je voudrais vous présenter en mon nom personnel, au nom de mon épouse, de mes collaborateurs du Corps préfectoral et de l’ensemble des fonctionnaires nos meilleurs vœux pour 2012 pour vous dans vos vies familiales et personnelles mais aussi dans l’exercice de vos responsabilités propres.

Que 2012 soit une année heureuse et positive pour le Val-de-Marne.

 

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